Les plages catalanes

13 février 2021
C’est l’hiver à la plage, et c’est le bonheur pour nous autres apprentis vanlifers. Pour preuve, les plages catalanes, que nous ne connaissions que bondées, des embruns vivifiants qui remplacent avec brio la friture et l’ambre solaire, et surtout, la sensation d’être seul au monde tout en n’en étant pas éloigné.

La couvre-feu et les contraintes domestiques ne nous ont permis que d’alller jusqu’aux confins des Pyrénées-Orientales nord: Port-Barcarès. Au-delà, c’est l’Aude.

C’est ainsi que nous avons revisité les plages de Port Barcarès, Saint-Cyprien et Collioure, faute de pouvoir en découvrir de plus lointaines.

Le Séjour

Port-Barcarès: bienvenue aux camping-caristes!

Sur le littoral sud de notre bel hexagone, il est parfois mission impossible, lorsqu’on se déplace en véhicule aménagé, de trouver une aire avec tous les services, à proximité des commodités, et à portée de porte-monnaie des attractions ou du tourisme.

Légaux ou non, les panneaux d’interdiction aux camping-cars fleurissent souvent sous ceux des entrées de communes, jouxtant parfois les labels de village fleuri, ville branchée ou plage pavillon bleu.

C’était sans compter sur Port-Barcarès, Co gestionnaire depuis peu d’une aire qui a tout pour plaire:

  • elle est implantée au sein de la commune, entre le canal de l’étang de Salses-Leucate et le port;
  • elle propose tous les services nécessaires, voire essentiels en hiver, à savoir l’électricité, les vidanges et l’accès à l’eau potable;
  • un espace sécurisé;
  • 200 emplacements, qui laissent aux usagers suffisamment d’intimité en basse-saison.

Nous avons pu profiter de la plage pour nous tous seuls, pour baigner le ver et nous balader sur le port.

Seul un petit brin de nostalgie de voir les vitrines ou terrasses fermées et vides flottait dans l’air marin.

En d’autres temps, nous aurions apprécié un petit apéro au soleil couchant, attablés au bout d’un ponton. Ce n’est que partie remise, quand l’été sera venu et la crise révolue.

Mais Port-Barcarès, ça n’est pas qu’un port. Elle est comme un diamant plutôt brut d’emblée, mais qui revêt de multiples facettes pour qui peut et souhaite s’y attarder:

  • le site des Dosses, sur l’étang de Salses-Leucate, qui vient lécher le Barcarès, préserve faune et flore encore sauvages;
  • 8 kilomètres de plages;
  • l’étang et la pinède;
  • le fameux Lydia, plus vieux paquebot du monde;
  • le village des pêcheurs, qui a donné naissance, grâce au projet Racine, à la station balnéaire que le Barca est aujourd’hui;
  • l’allée des arts;
  • le village de Noël en hiver;
  • le festival de musiques électroniques Electrobeach en été.

Cependant qu’elle a tout d’une grande, les amoureux de la mer mais de la tranquillité pourront passer leur chemin à partir du printemps. Comme tout site touristique estival, le Barcarès jouit d’une capacité d’accueil et d’hébergement de 80.000 personnes, selon l’office du tourisme. Alors évitez l’été!

Elle restera cependant une halte parfaite pour celles et ceux qui souhaitent rejoindre la Côte Vermeille et ses criques paisibles, ou l’Espagne, lorsque les restrictions sanitaires ne seront plus qu’un mauvaise souvenir!

Porte d’entrée des stations des Pyrénées-Orientales, Port-Barcarès mérite qu’on s’y attarde, car l’habit ne fait pas le moine et cette ville moderne nous a donné envie de nous y arrêter plus souvent.

Saint-Cyprien: aux portes de la Côte Vermeille

À chacun ses parfums d’enfance, si Zède a pataugé du côté de Vias, c’est sur le port et les plages de Saint-Cyprien que sa moitié a grandi.

C’est tout naturellement que cette destination se retrouve souvent sur notre feuille de route, été comme hiver, à deux comme à quatre roues.

Cette fois, nous avons préféré la totale autonomie à l’aire de service, pourtant ouverte à l’année, située sur le port, mais un peu éloignée de tout et surtout, aux emplacements trop réduits.

L’occasion nous était donnée de nous entraîner aux économies d’énergie et d’eau. Ainsi débranchés, nous avons estimé que nous pouvions « tenir » sans recours un peu plus de 24 heures, ce qui ne laisse pas beaucoup de place aux imprévus ni au camping un peu sauvage, malgré nos 100 litres de réserve d’eau propre, 80 d’eaux usées, et le panneau photovoltaïque de 120 watts, un peu feignasse en hiver.

Mais peu importe, le temps était au beau, nous avons renoué avec la pêche à la ligne et le surfcasting.

Une première escale en mode nomade qui en appelle bien d’autres, cette station balnéaire chère à nos cœurs est aussi sauvage en hiver qu’elle est festive en été.

Voisine d’Argelès-sur-Mer, capitale historique des campings, Saint-Cyprien offre les charmes d’une station balnéaire familiale, intime, aux allures de gros village où tout le monde se connaît et se côtoie.

Au village, reculé dans les terres, paisible, nous préférons le port, que nous connaissons par cœur et le long duquel nous ne nous lassons pas de nous promener, en toute saison.

Ses plages, parfois un peu trop linéaires, mais jouissant du label Pavillon Bleu depuis 25 ans, sont suffisamment spacieuses pour ne pas se retrouver à partager sa serviette et son carré de sable avec ses camarades baigneurs.

Les déplacements « doux », à pied ou à vélo, se taillent la part du lion autour et dans la commune. De nombreuses pistes cyclables et boucles alternent paysages montagneux, méditerranéens ou maritimes que la typographie de Saint-Cyp permet. Nous n’y allons jamais sans nos VTT.

Si Saint-Cyprien est une station balnéaire, elle reste avant tout le 3e port de plaisance européen. Elle n’est donc pas ville morte en hiver, et de nombreux commerces et services sont ouverts. Le ravito et les loisirs sont donc accessibles à l’année. Nous en avons profité pour nous équiper davantage en matériel de pêche.

La pêche est également une des activités économiques du port et grâce à l’aménagement récent des quais de pêche, les petits métiers peuvent vendre leur pêche du jour directement aux clients. Fraîcheur, circuit court et régalade garantis!

Un des rendez-vous incontournables est le feu d’artifice tiré sur la mer, le 15 août. Pour qui arrive tôt et se poste sur la plage, dans les limites des balises de sécurité, le spectacle est féérique. « OH la belle bleue! » sur la belle bleue, avouez que c’est cocasse.

Nous privilégierons pour un séjour long un de ses campings emblématiques, le Cala-Gogo.

Collioure: la cité des peintres qui se mérite

Tout à fait subjectivement, Zède et moi situerions géographiquement parlant le début de la Côte Vermeille sur ce magnifique village, Argelès-sur-Mer, malgré sa superbe plage du Racou, nous paraît encore trop linéaire, bétonnée et « usine à touristes ».

Pourtant, si sur le papier, Collioure agit comme un aimant, entre son patrimoine culturel, historique, son architecture et sa géologie, elle reste inaccessible dès lors qu’on cherche à l’apprivoiser, en voiture ou en véhicule aménagé.

En effet, l’été, il est quasiment impossible de s’y rendre et d’y rester, à moins soit d’y avoir un pied-à-terre, (donc de la famille sur place), soit un budget confortable pour une location saisonnière, soit d’être très matinal et d’arriver sur le sable de la plage Boramar, par exemple, aux aurores, en ayant pris soin de bien fournir le parcmètre.

Collioure fait en revanche la joie et le bonheur des randonneurs et autres vaillants marcheurs à pied.

Nous n’étions ni les uns, ni les autres, et pourtant, nous avons bien failli abandonner cette destination:

  • sur internet, les informations contradictoires quant aux aires et divers emplacements ou services sur la commune ou alentours nous ont perdus;
  • un coup de fil à la mairie, qui nous a dans un premier temps indiqué que la seule aire disponible aux camping-cars ne disposait pas de l’électricité, puis s’est ravisée en nous rappelant que si, finalement, récemment, des bornes ont été installées;
  • le tarif de l’aire, soit 15 euros par tranche de 24 heures, nous paraissait un peu élevé;
  • la situation de l’aire en question, sur les hauteurs de Collioure, route de la Madeloc, qui ne nous donnait pas envie de remonter ce que nous devions descendre pour accéder au village et plages.

Pourtant, l’appel de la merveille a été plus fort que toutes ces contraintes avec lesquelles, en hiver et en véhicule aménagé, il faut voyager.

Bien nous en a pris. L’aire, qui est également un grand parking, met à disposition quelques emplacements délimités, avec borne électrique, eau, et une zone aménagée pour les vidanges.

L’accès est sécurisé et parfaitement entretenu.

Le temps gris à notre arrivée a cédé la place à un soleil marin, donc voilé, qui nous a accompagnés vers notre descente vers les plages, alors que le vent de sud-est démontait la mer et déplaçait les foules, sans un brin d’air à terre.

Malgré l’ascension au retour très sportive (deux kilomètres de montée pure, en coupant par les escaliers interminables entre les villas), lestés de 4,5 kilos de Poppy bien à l’abri dans son sac de transport Petcute, l’effort vaut largement le détour et le prix.

Collioure a su se préserver, au prix de son inaccessibilité, mais en pleine conscience des limites de ses capacités d’accueil.

À éviter en haute-saison, Collioure, un des joyaux de cette Côte Vermeille se laisse apprivoiser en hiver.

Plages, mer, promenades en VTT, randonnées

Durée: 4 jours et 3 nuits
France: Pyrénées-Orientales
Budget: 45 €
Km parcourus: 100

Zette

Moitié de Zède et de nos 3 enfants, journaliste sur Le HuffPost, copilote à bord de Zérard et responsable des placards.

Vidéo

Zede

Moitié de Zette et de nos 3 enfants (les mêmes), Menuisier sur catamaran, pilote à bord de Zérard et responsable des blagues.

En plus ou moins bien

Nos avis sur le séjour

On a moins aimé

  • la situation de l’aire de Collioure, très en hauteur et loin de toutes les commodités (des navettes gratuites sont prévues en pleine-saison)
  • le tarif par tranche de 24 heures à Collioure et Port-Barcarès, que nous avons dépassé par deux fois, doublant le prix de notre séjour

On a préféré

  • La possibilité de l’autonomie à Saint-Cyprien, avec ses parkings sur lesquels il est possible de stationner
  • Le calme, l’accueil et la propreté des aires de Port-Barcarès et Collioure

Aire de Port-Barcarès:

Les tarifs:

  • 1/01 – 30/06 : 10,80 €/24h
  • 1/07 – 31/08 : 12,00 €/24h
  • 1/09 – 31/12 : 10,80 €/24h
  • + taxe de séjour en vigueur

Aire de Collioure:

Les tarifs / services:

  • 20 €/ 24h
  • Navette gratuite vers le centre ville de mai à septembre (voir le site pour les horaires et les coupures)

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Propreté des lieux

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Commerces à proximité

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Paysages agréable

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Activités sur place

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